Le petit cerf de la forêt de Soignes

Chapitre premier

Le petit cerf de la forêt de Soignes

Version audio — bientôt

Une voix douce vous relaiera les soirs où vous n'avez plus la vôtre.

Pris au piège ! Tout près d'un ruisseau, au cœur de la forêt, un petit animal tremblait, incapable de faire un pas de plus. Mais ça, Grégoire et Archibald ne le savaient pas encore.

Ce week-end-là, ils avaient une nouveauté dont ils mouraient d'envie de se servir : une petite machine toute neuve, très jolie, capable de reconnaître les animaux rien qu'à leur cri. Alors ils décidèrent de partir camper dans la forêt de Soignes.

Ils marchèrent jusqu'à un endroit magnifique, juste ce qu'il fallait pour planter la tente : de la mousse bien plate, de grands arbres tout autour, et le murmure d'un ruisseau pas très loin. Ils montaient à peine la tente quand un bruit étrange résonna entre les troncs.

— Vite, la machine ! souffla Archibald.

Grégoire sortit l'appareil, le pointa vers le bruit, et l'écran afficha un mot : cerf.

— Un cerf ! Allons voir.

Tout doucement, les deux frères s'approchèrent. Et là, près du ruisseau, ils découvrirent un petit cerf qui tremblait. La veille, pendant la tempête, le ruisseau avait débordé, et un gros caillou roulé par l'eau lui avait coincé une patte.

— Il ne peut plus bouger, murmura Archibald. Il faut l'aider.

Grégoire alla chercher une grosse branche bien solide pour faire levier. Pendant qu'Archibald parlait tout bas au petit cerf pour le rassurer, Grégoire glissa la branche sous le caillou et, millimètre par millimètre, le souleva.

Le caillou bascula. La patte du petit cerf était toute rouge, mais elle n'était pas cassée. L'animal se remit debout, fit quelques pas hésitants… puis s'éloigna entre les arbres, sans un bruit, comme pour dire merci à sa façon.

Les deux frères revinrent à leur campement. Ils allumèrent un petit feu, firent griller leur dîner, rangèrent soigneusement leurs affaires, puis se glissèrent dans leurs sacs de couchage. La forêt était calme. Ils s'endormirent en repensant au petit cerf. Et s'ils avaient levé les yeux avant de fermer les leurs, ils auraient vu, tout en haut du grand chêne, deux grands yeux orange qui veillaient sur la tente, sans faire le moindre bruit.

Au matin, en sortant la tête de la tente, ils n'en crurent pas leurs yeux.

Devant eux, dans la lumière douce, se tenait toute une famille de cerfs : la maman, le papa, et le petit qu'ils avaient sauvé la veille. Sa patte allait déjà beaucoup mieux. La famille était venue les remercier.

Les cerfs ne s'enfuirent pas. Ils restèrent là, tranquilles, à grignoter quelques fruits des bois pendant que les deux frères, émerveillés, prenaient plein de photos. Le petit cerf s'approcha même tout près d'Archibald, qui put le caresser entre les oreilles.

Quand le soleil fut haut, la famille de cerfs repartit doucement dans la forêt. Grégoire et Archibald rangèrent la tente et rentrèrent à la maison.

— Maman ! Maman ! Regarde nos photos !

Leur mère regarda l'écran, et ses yeux s'agrandirent.

— Une famille de cerfs entière… et vous avez aidé le petit ? Je suis si fière de vous.

Et ce soir-là, en se couchant, Grégoire et Archibald s'endormirent le cœur tranquille, en repensant au petit cerf qui marchait de nouveau, quelque part dans la forêt.

Maintenant, comme Grégoire et Archibald, ferme doucement les yeux. La nuit est calme, et demain une nouvelle aventure t'attend. Bonne nuit.

Clôture rituelle · à lire plus bas encore